De John Madden
Avec Helen Mirren, Tom Wilkinson, Sam Worthington, Jessica Chastain, Jesper Christensen
Musique de Thomas Newman
(2011)

En 1966, trois agents du Mossad sont envoyés afin d'appréhender Dieter Vogel, ancien tortionnaire nazi, afin qu'il soit traduit devant la justice israëlienne.

Très bon film que ce Debt qui tisse une trame au moyen d'un filin toujours très efficace: la confrontation entre  enjeux personnels, vérité et devoir au nom de l'Histoire.

Car s'il est bien un questionnement mis en avant, c'est celui du véritable sens de la justice. La notion ne cesse d'évoluer tout au long du film selon le point de vue des trois personnages principaux et surtout, celui de l'ancien nazi. Entre justice personnelle, ethnique et morale, le spectateur se voit offrir quelques pistes. La morale est sauve (heureusement, j'ai presque envie de dire), mais elle n'a rien de triomphante: les circonstances qui l'entrainent sont tout sauf glorieuses... C'est quand l'homme est acculé qu'il révèle sa véritable nature et elle est loin d'être belle à regarder.

On retiendra une réalisation très classique, le propos ne permettant pas de faire dans le thriller vrombissant et abrutissant. La scène d'ouverture est plutôt immersive et contient sa dose de violence crue (l'affrontement homme/femme étant plutot tabou au cinéma). La tension entre les trois agents et leur prisonnier est parfaitement aboutie et rend ce huis-clos étouffant voire suffoquant. A cela s'ajoutent quelques scènes d'une belle sensiblité, très naturelles et vraiment bienvenues. Elles soulignent avec beaucoup d'humanité les émotions les plus primitives des trois agents: de la peur au désir caché. Le rythme pour sa part est constant, même après la partie 1966, la tension reste présente: plus sourde et plus psychologique (enfin on a quand même droit à une dernière scène plutôt angoissante).

Du côté des acteurs: parfaite Helen Mirren, taciturne mais efficace Sam Worthington et fragile Jessica Chastain. Jesper Christensen en chirurgien de Birkenau est glaçant comme jamais. On soulignera leur perfo en langues avec passages en allemand, ukrainien (ou russe?) et les accents en anglais - c'est toujours un "plus" non négligeable qui témoigne de la volonté de faire un film complet et crédible.

L'info pour vous la péter en soirée: Marton Csokas (Stefan, jeune), c'est aussi Celeborn dans la Communauté de l'Anneau et Ciaran Hinds (David, vieux), c'est aussi Abelforth Dumbledore dans Harry Potter 7.2.

A voir !

thedebt