My Week with Marilyn

Non dénué de charme, le film se pare d’une ambiance nostalgique où le rétro est roi. On saluera la belle performance de Michelle Williams, troublante de ressemblance, oscillant constamment entre sensualité assumée et insécurité extrême. Voilà un portrait de Marilyn tel qu’on l’attendait, révélant une femme fragile, animal blessé et anxieux qui le temps d’une pause assume son rôle de femme objet, fatale et magnétique. Impossible d’oublier ce « let’s be her », constatation détachée presque tragique d’une existence à laquelle la jeune femme ne peut se soustraire. À côté d’elle, le jeune Eddie Redmayne, adorable en jeune premier à la découverte du monde haut en couleurs du cinéma et surtout, Kenneth Branagh, parfait Laurence Olivier, incarnation à lui tout seul de la raideur et du cynisme anglais – un délice. On soulignera une photographie délicate et poétique qui magnifie la campagne anglaise et la partition d’Alexandre Desplat dont la sensibilité n’est plus à prouver. Portrait sensible et touchant de la première icône glamour d’Hollywood, My Week with Marilyn reste un biopic classique qui, s'il pèche par son manque de relief, nous ravit grâce au charisme de sa panoplie d’acteurs.

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The Hunger Games

Adaptation du premier tome de la trilogie à succès éponyme, The Hunger Games est la bonne surprise du mois de mars. Toutes les forces du livre s’y retrouvent, de même qu’un traitement adulte et réfléchi, dont la mise en images met en exergue toute l’horreur du principe des Jeux de la Faim. Pas de réalisme sanglant, ni de boucheries gores, mais une simplicité frappante et révoltante soulignant avec force le dramatique de situation : celui d’une arène dans laquelle des gamins se voient contraints de s’entretuer, au plus grand plaisir et détachement d’un pouvoir totalitaire sans nom. On est bien loin du côté aseptisé d’une saga dont on taira le nom et à laquelle The Hunger Games s’est vue immanquablement (et à tord) associée.  On notera une réalisation sobre (à quelques mouvements de caméra près), un rythme soutenu et une ambiance parfaitement restituée, ainsi qu’un duo d’acteurs principaux au poil. Jennifer Lawrence campe Katniss avec naturel et force et donne la réplique à Josh Hutcherson qui rend avec brio la douceur et la vulnérabilité de Peeta. Il ne reste plus qu’à espérer que Gary Ross (Seabiscuit) reste aux commandes pour les deux prochains épisodes afin que la tension, l’émotion et l’atmosphère soient toujours au rendez-vous.

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