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Fiche technique:

Réalisateur: Roman Polanski

Acteurs: Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Cattrall, Olivia Williams Tom Wilkinson

Musique: Alexandre Desplat

Genre: Thriller

Date de sortie: Mars 2010

Adaptation d'après L'homme de l'ombre de Robert Harris

Synopsis:

Lorsqu’un célèbre “nègre” littéraire anglais accepte d’achever les mémoires de l’ancien premier ministre Adam Lang, son agent lui assure que c’est la chance de sa vie. Mais le projet semble d’emblée marqué par la fatalité : le “nègre” apprend ainsi que son prédécesseur, fidèle bras droit d’Adam Lang, est mort dans un mystérieux accident...

Mon avis:

Piouf, j'ai enfin réussi à voir ce film! Après une annulation et un vicieux torticolis (aucune salle de cinéma ne possède - à ma connaissance - un écran orienté à gauche) ; 3 jours plus tard, j'étais dans la salle !

Le film commence bien - on est même pas avertis! Pas la faute à Polanski, hein, juste au technicien du ciné qui après nous avoir bombardés de bandes-annonces, nous envoie le film (sans logos des "mécènes", nos amis de la production) en plein tronche. Et là nous découvrons une voiture abandonnée sur un ferry et un corps sur la plage... Hum... grâce aux vagues menaçantes et au ciel bien sombre, on se dit: Ça, c'est une mort fort mystérieuse...

Sans transition aucune, nous nous retrouvons avec ce cher Ewan McGregor et là toute la salle respire Ouf, on est bien dans la bonne salle avec le bon film! à qui son agent, très fier de lui et de son costume Hugo Boss, propose l'affaire du siècle: reprendre les mémoires de l'ancien premier ministre anglais, le très célèbre et très décrié Adam Lang. Ewan hésite, il n'y connait rien à la politique et puis, l'ancien "nègre" est mort comment déjà? Son agent n'en sait rien, le pauvre bougre apparemment était plein comme une gourde mais l'enquête penche pour un suicide. Hum, hum, mais c'est très... mystérieux tout ça!

Après avoir rencontré les pontes du Sir Lang (avocat, éditeur et tutti quanti), Ewan se dit que même s'il n'en touche pas une en politique, il va tenter d'insuffler du cœur dans ce livre et que grâce à ça, il fera péter les ventes! Les costumes-trois-pièces hésitent, doivent-ils faire confiance au nègre qui a pondu le très douteux "J'ai vécu, j'ai scié, j'ai vaincu" de Chris Angel le Magicien? A leur place, on se poserait aussi la question. Mais diantre, prenons le risque! Ewan est donc prié de faire sa valise parce que Sir Lang  s'est retiré sur une petite île du nord des USA et qu'il déteste échanger des emails. Et tiens, au passage confions-lui un autre manuscrit de plus de 600 pages pour qu'il ne s'embête pas en route.

Non allez, c'était une blague, je vais pas vous retaper tout le film en le cassant de bout en bout. Car, au fond, je n'ai pas détesté ce film, il m'a même plutôt séduite par de nombreux aspects. Tiens, commençons plutôt par ça.

Les acteurs, tout d'abord: nickel, autant McGregor que Brosnan sont très efficaces, ils portent réellement le film sur leurs épaules en lui conférant un réalisme et une vraie crédibilité. Et il faut le faire parce qu'en soit, le scénario ne renouvelle pas vraiment le genre. Polanski nous sert également une ambiance qui n'est pas sans rappeler les enquêtes à la Agatha Christie (c'est un compliment hein!) ; rythme lent, huit-clos, personnages froids comme le marbre & musique très british un peu grinçante. En cela, c'est un véritable contraste avec les thrillers de notre génération 2000. Ici pas de flingues à tout bout de champ, ni de cascades ahurissantes et plombantes mais une course poursuite qui évite les crissements de pneus et un suspense au traitement ténu particulièrement intelligent et raffiné.

Pourtant, Polanski trébuche quelques fois et ne peut s'empêcher de nous faire le coup de la découverte fortuite (oh tiens, qu'est-ce donc que cela?) au fond d'un tiroir (et oui Ewan, abandonné dans une maison austère et inconnue, a une soudaine envie de faire du rangement...) ou encore celui de je cours vachement plus vite que tous les hommes de main super entrainés qui me suivent à la trace. Mais bon...faut bien que le film avance.

Après un final (qui laisse sur sa faim, un comble) et un dénouement qui tient grâce au rajout d'une consonne dans une phrase (véridique!), on se demande si Polanski a vraiment assumé jusqu'au bout ce thriller, certes ingénieux mais qui laisse légèrement dubitatif.