De Robert Redford
Avec Matt Damon, Will Smith, Charlize Theron
Musique de Rachel Portman
(2000)

Joli film sur le courage et le deuil du passé, The Legend of Bagger Vance tient la route grâce à son trio principal pour le moins sincère et attachant.

Car Redford parie sur la nouvelle génération montante de la fin des années 90: Matt Damon tout d'abord qui n'a plus à prouver (après Good Will Hunting et The Talented M. Ripley) son potentiel dramatique et sa capacité à jouer des personnages torturés. Encore une fois, il fait mouche et dépeint le portrait d'un ancien golfeur dont le talent naissant se voit amputé par la guerre 14-18. Le voir se reconstruire peu à peu est toujours aussi touchant. Will Smith campe pour sa part l'énigmatique Bagger Vance et incarne avec beaucoup de justesse cette figure de mentor qui guidera le jeune golfeur tout au long de son parcours. Un premier beau rôle consistant pour l'acteur, donc. Enfin, Charlize Theron en femme forte et dynamique qui malheureusement tourne vite à l'amoureuse épleurée. Un brin entendu à mon goût...

Pimenté de quelques moments d'humour bénéfiques, le film garde toutefois son cap et nous livre une réflexion simple et vraie sur la vie et les changements qu'un homme peut ou non accepter afin de continuer à poursuivre son chemin dans la vérité. On retrouve la sensiblité de Redford à travers les beaux paysages de la Géorgie et le traitement intimiste d'un sport sur lequel on ne s'arrête que trop rarement. Enfin, la dimension religieuse, ou du moins spirituelle demeure un bel atout pour le film. Ni paternaliste, ni prégnante, elle fournit une jolie atmosphère d'instrospection tout au long du film. A chaque spectateur le loisir de se faire son idée sur Bagger Vance.

En bonus: 1° une ambiance générale plus enjouée qu'il pourrait y paraitre grâce au charme du sud et de la musique des années trente 2° des seconds rôles tenus par Bruce McGill, Joel Gretsch et surtout Jack Lemmon qui fait sa dernière apparition à l'écran.

A voir! Pour Matt Damon, Will Smith et la "patte Redford" qui fait toujours son petit effet.

baggervance