De David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Ralph Fiennes
Musique de Alexandre Desplat
(2011)

Adaptation cinématographique du 7e tome de Harry Potter de J.K. Rowlings. Harry, Hermione et Ron poursuivent leur quête de destruction des horcruxes de Voldemort, pour libérer Poudelard de la tutelle de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Et voilà, le grand cycle est terminé. Une partie de notre enfance bouclée. Même si je ne suis pas vraiment fanatique des aventures d'Harry Potter, l'opus 7.1. avait réellement attisé quelques flammèches d'enthousiasme dans mon petit coeur de cinéphile en décembre dernier. Harry Potter renaissait des cendres ternes et froides d'un 6e épisode plutôt pitoyable, Les Reliques de la Mort laissant entr'apercevoir un final grandiose, une atmosphère subjuguante, ainsi que la profondeur et l'intensité nécessaires à l'ultime affrontement entre le Bien et le Mal.

David Yates ne s'embarrasse pas d'une introduction temps-mort, mais au contraire nous replonge instantanément dans l'action en reprenant la dernière scène choc de l'opus précédent. Toute la partie "pré Poudelard" est principalement destinée à faire avancer l'action au maximum. Les longues conversations avec Grimpsec et Ollivander sont soigneusement réécrites pour donner au script plus de dynamique et donner un coup de fouet à l'ambiance de méditation qui faisait la force de l'opus 7.1. Et les scènes dans Gringotts répondent "académiquement" à cette demande en nous livrant quelques moments bien drôles (le goblin sous Imperio est plutôt bidonnant avec son sourire niais perpétuel) et un final dragonesque plutôt réussi qui compense certaines maladresses au niveau de la transition des trois premières scènes (ben oui, difficile de reprendre l'histoire là où on nous avait laissés sans perdre la tension initiale). Mais une fois le spectateur arrivé à Poudelard, quel film!

Je résumerai l'attaque de Poudelard en deux atouts indéniables:

1) Eblouissement visuel - la grande force de cette partie, ce sont les effets visuels qui accompagnent la plupart des sorts et attaques magiques afin de leur donner un caractère esthétique très réussi. Déjà depuis L'Ordre du Phoenix, je trouve les sortilèges et les combats développés parfaitement (brume colorée, claquement sonore proche du fouet, gestes chorégraphiés) - ils sont magnifiés et tout simplement, ont la classe totale. On retiendra les sorts de protection bouclier autour de Poudelard, l'attaque de la baguette de Sureau ou encore la valse de cendres (la 3D sublime ce genre de scènes, pour le reste...).

2) Rythme soutenu & émotions mêlées - l'action (les figth scenes "de masse" sont géniales!) est dense, les personnages sont nombreux et se dispersent. David Yates parvient à mener intelligemment l'action, en disséminant par-ci par-là quelques mots d'esprit et réactions plus légères, de telle sorte à nous permettre de tirer sur la sous-pape de décompression. Pour le reste, j'ai trouvé que les séquences émotion s'en tiraient très bien, ne rajoutant pas une trop grosse dose de pathos (l'ambiance est déjà suffisamment noire comme ça, merci!), tout en permettant aux fans de s'en tirer avec quelques larmes s'ils s'en sentent l'envie (perso, Remus & Tonk m'ont bien serré la gorge).

LES + :

- Les effets spéciaux vraiment réussis: sorts de protection, loup-garou "désintégré" par le bouclier, les animaux de feu dans la Salle sur Demande, etc.

- Alan Rickman, qui pendant 7 opus a porté à bout de bras un Snape dur & glacial pour mieux nous révéler sa véritable identité. La scène de la Pensine est merveilleuse et retranscrit parfaitement le chapitre qui lui est consacré.

- Les scènes speech de Voldemort (en mode mégaphone): paralysantes grâce à des jeux sonores bien flippants !

- Une pensée émue à chacune des scènes de Maggie Smith, qui durant le tournage, était en fin de lutte contre son cancer du sein.

- La scène de combat lorsque le trio traverse la cour de Poudelard en plein combat et le Patronus du frère de Dumbledore qui balaye les Détraqueurs: frissons! Surtout grâce à la très belle partition mélancolique et dramatique de Desplat (Courtyard Apocalypse).

LES - :

- Suis-je la seule à avoir trouvé le baiser de Ron/Hermione complètement kitsch voire carrément raté?

- Quelques scènes finales moins "inspirées" (en même temps, elles me pompaient déjà dans le bouquin donc...)

EN BREF :

Au revoir Harry Potter ! On peut dire que ce dernier opus livre une très belle version du livre de J.K.Rowling et permet au sorcier à la cicatrice de faire brillamment ses adieux au cinéma. Je suis soulagée que la fin ait été si bien réalisée au regard d'une saga plus qu'irrégulière quant à ses adaptations cinématographiques.

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