De Gregor Jordan
Avec Heath Ledger, Geoffrey Rush, Naomi Watts, Orlando Bloom
Musique de Klaus Badelt
(2003)

Né en 1855, Ned Kelly devient l'ennemi public numéro un en Australie après avoir - selon la version officielle - tiré sur un policier qui appréhendait son frère Dan. Avec ce dernier et deux autres complices, il fonde un gang qui sème le trouble de 1878 à 1880.

C'est ce que j'appelle un film bof... Je l'avais déjà vu à sa sortie en DVD (bien qu'en y réfléchissant, je carburais encore pitoyablement à la VHS à l'époque...) et il ne m'avait pas spécialement marquée. Bof, donc... pour plusieurs raisons:

- La lenteur insupportable du film. Etant pourtant une fan de lenteur absolue personnifiée (aka Terrence Malick), j'ai littéralement subi certains plans et certaines scènes comme cela m'était rarement arrivé ;

- Le scénario et le rythme qui jouent au yoyo et souffrent d'une absence de transition soignée. Le tout n'est qu'un magma d'attaques de banques, d'amourettes ridicules et inutiles et de discours pseudo-pep-talks aussi motivants que rien du tout ;

- Un quatuor de hors-la-loi presque raté dont ressort Heath Ledger (encore heureux, c'est le leader) qui fait le minimum syndical, Orlando Bloom en rigolo qui séduit tout ce qui bouge et qui parle chinois - merci pour ce grand moment d'Actor Studio - et deux autres acteurs/personnages aussi utiles que des congélos au Pôle nord ;

- Le manque d'empathie nécessaire au genre des hors-la-loi en cavale. Non pas qu'on ne comprenne pas les motivations de Ned Kelly et le statut de souffres-douleurs des irlandais immigrés en terre coloniale anglaise, mais le chef de gang ne possède pas à mon sens le développement psychologique nécessaire à rendre sa cause un tant soit peu attachante ;

- La non-exploitation de Geoffrey Rush. Non, sérieusement qu'est-ce qu'il fout là? Si c'est pour le voir deux secondes, débiter un dialogue ridicule, se prendre une balle et réapparaitre à nouveau deux secondes en fin de film, merci mais un acteur lambda aurait été amplement suffisant ...

A côté de cela, il y a:

- Une jolie photographie, admettons-le, mais qui parait un peu artificielle à côté de la bancalité du scénario & une composition de Klaus Badelt aux belles tonalités irlandaises.

Ils ont voulu faire un film sur la cause de Ned Kelly et résultat, ils ont tout simplement rassemblé une tonne de stéréotypes plus ennuyeux et ronflants les uns que les autres. Pas étonnant que ce film n'ait pas fait parler de lui à sa sortie. C'est loin d'être un mauvais film, mais c'est d'une banalité affligeante! Heureusemement pour nous, Heath Ledger s'est rattrapé après & Orlando Bloom a peu à peu disparu de la circulation ...

picturesnedkelly