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De Tom Hooper
Avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter
Musique de Alexandre Desplat
(2011)

1930. Angleterre. Le prince Albert, deuxième fils du roi George V, connait un grave problème de bégaiement. L'abdication de son frère aîné l'oblige à monter sur le trône. Or le roi doit s'exprimer en public. Sur l'insistance de sa femme, il rencontre Lionel Logue, orthophoniste australien aux méthodes peu orthodoxes.

En toute honnêteté, je pense que je serai moins enthousiaste que d'autres bloggueurs. Non pas que je veille déprécier le film, cela découle juste du nombre impressionnant de critiques élogieuses que j'ai lues et qui ont gonflé mes attentes de manière un peu disproportionnée. Du coup, légère déception. A trop vouloir, hein... Mais commençons plutôt par souligner toute la force et la beauté de The King's Speech.

Son personnage principal tout d'abord : l'effacé et complexé George - écrasé consécutivement par son père, par le poids d'un devoir qu'il ne pense nullement pouvoir assumer et par cette voix qu'il ne contrôle pas et qui semble le conforter dans son sentiment d'infériorité. Car c'est bien l'histoire d'une renaissance de confiance qui nous est contée (oui, c'est un peu l'histoire du vilain petit canard, au fait ^^) et celle d'un combat contre un complexe si brillamment mis en scène et introduit (quelle première scène!) qu'il provoque une empathie quasi immédiate auprès du public. Voir le roi se débattre avec sa voix, déglutir, haleter est une expérience pour le moins éprouvante. Et quelle performance de la part de Colin Firth! Assurément, il n'a pas eu son Oscar pour rien (même si je le trouve beaucoup plus bluffant dans A Single Man).

A ses côtés, l'amour, Helena Bonham Carter, parfaite! et l'amitié, Geoffrey Rush dans un de ses plus beaux rôles: mutin, sarcarstique et finalement, terriblement attachant. La rencontre entre ces deux hommes et l'évolution de leurs rapports est l'une des plus belles choses que j'ai pu voir au cinéma depuis quelques années. J'ai été touchée par la franchise du personnage de Geoffrey, l'hésitation de George à se confier et à s'ouvrir un sa première véritable amitié. Les voir enfermés dans cette petite pièce à la fin, seuls face au reste du pays. Et le regard de Geoffrey, plein de fierté et de respect, dans le plan final - il n'y a qu'une chose à dire, c'est beau!

Ma déception maintenant. Et bien, elle découle du fait d'une réalisation extrêmement classique, privilégiant le propos à une mise en scène esthétique. Non pas qu'elle soit ennuyeuse, elle allie au contraire merveilleusement bien son rythme et ses angles selon les émotions et la tension de chaque scène. De même, elle évite le travers facile qui aurait consister à faire des gros plans récurrents sur la gorge de C. Firth. Mais tout de même... quand on voit les merveilleux décors, ils auraient pu être un peu plus exploiter.

On remarquera évidemment la puissance du discours final, cette tension croissante qui peu à peu s'apaise au fur et à mesure de la prise de confiance du roi. Et puis cette musique triomphante qui met en exergue la victoire: la fin d'une guerre privée contre cette voix qui désormais obéit - sujet face au roi. Je me suis laissée emportée, comme beaucoup de spectateurs je crois, par le rythme des mots, leur mélopée. Puis je me suis souvenue que le message était politique et que toute cette joie dénotait considérablement le propos du discours tenu. Mais le parti pris du film est celui de l'élocution, de la forme et beaucoup moins du fond, et surtout du contexte politique de l'époque.

En bonus: l'humour - divin! What about Bertie?

The King's Speech ou la naissance d'un roi, l'affirmation d'une voix, la construction d'une amitié profonde. Un beau film classique porté par des acteurs sérieux et touchants. 

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