affiche127hours

De Danny Boyle
Avec James Franco, Clémence Poesy, Treat Williams
Musique de A. R. Rahman
(2011)

Le film revient sur l'histoire vraied'Aron Ralston, vingt-sept ans, victime d'un accident lors d'une randonnée dans le Blue John Canyon en Utah, où il resta coincé pendant six jours et cinq nuits, le bras écrasé par un rocher.

Ma critique sera pour le moins mitigée car je l'ai entamée juste après la séance et l'ai terminée trois jours après et mon ressenti à pas mal évoluer entre les deux. Commençons par ma première réaction: quelle claque! James Franco est épatant ... il m'a tout simplement captivée pendant plus d'1h30 alors qu'on ne voit que lui et que son champ d'action était pour le moins TRES limité... Et pourtant il est là et l'évolution de son personnage durant le film est incroyable de justesse et de talent. On s'attache à ce petit connard égoïste ce qui fait de l'épreuve qu'il traverse et de son sauvetage est une vraie déferlante d'émotion (et la musique, la musique!!!). Choc des images, violence du désespoir, intimité aigue: Danny Boyle montre tout. Et ce n'est pas rien que de voir Aron se briser le bras pour ensuite entamer ses chairs (purée, le coup du tendon et le son qui monte dans les aigus - j'ai cru que j'allais me choper une crampe tellement je me suis crispée -_-").

Bref résumé de la première impression. James Franco est un futur grand et donne un peu d'épaisseur à son personnage qui de prime abord n'inspire nulle sympathie. 127 hours et cette histoire sont la preuve que l'homme est un animal au plus profond de lui. Car il a de la brutalité dans ce film, de l'animosité, quelque chose de sauvage dans la dernière demi-heure qui montre l'homme tel qu'il est réellement - quelqu'un fait pour la vie comme n'importe quel autre être vivant.

Passons à ma deuxième réaction maintenant... après la claque du visionnage, je ne sais pas vraiment quoi retenir de ce film. J'ai l'impression d'avoir été "agressée visuellement" et que toute la dynamique de Boyle, ses couleurs saturées, ses plans audacieux, ses trips clipesques, tout cela a contribué à me plonger dans le film mais également à m'anesthésier complèment le cerveau. D'où le choc en fin de film. Par contre, quelques jours plus tard, impossible pour moi de toucher à l'émotion qui m'avait saisie. Je ne retiens que les phrases pseudo-moralisatrices concluant 127 hours (souligner pour voir le spoiler). Maintenant Aron laisse toujours un mot pour dire où il va. Ben, forcément, la dernière fois, il s'est fait complètement entubé. S'ajoute à cela le coup du "sa prédiction s'est avérée vraie et il est maintenant marié et père. Et quoi? S'il n'avait pas trouvé la femme de sa vie, il se serait amputé le bras pour rien? J'ai trouvé ce message final assez douteux. Franchement, tout ça est bien creux et vain au final. J'ai trouvé la fin de Boyle  un peu écoeurante et à la limite du vautrage. A force de vouloir trop faire et tout montrer et tout expliquer (etc), il aurait mieux fait de se taire et de terminer son film sur une white fading scene lorsque Aron est sauvé. Ou alors tout simplement supprimé les dernières phrases qui selon moi ruinent pas mal l'essence du film.

Bon, ma conclusion finale maintenant. Je garde tout ce que j'ai dit dans mon premier résumé, J. Franco est un futur grand, etc... mais Danny Boyle et moi, on n'est pas fait pour s'entendre. Même si ce n'est pas ma tasse de thé, je reconnais ses qualités de réalisateur (un tel huit-clos est un pari largement réussi). Toutefois, un peu moins de m'as-tu vu au final aurait pu brillamment clôturer 127 hours.

Ce film est une expérience visuelle, sensorielle et émotionnelle. A voir, indéniablement! Mais j'en garderai un léger goût amer.

picture127_hours