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De Tom Ford
Avec Colin Firth, Julianne Moore
Musique de Abel Korzeniowski
Adapté d'un roman éponyme du Christopher Isherwood
(2009)

A Single Man dresse le portrait de George Falconer, un professeur d'université d'âge mûr, dont le compagnon meurt dans un accident de voiture. Huit mois plus tard, George perd définitivement le goût de vivre.

Vous commencez à le savoir, je suis fan de Malick, de Redford et de Joe Wright car tous les trois possèdent une vision et une esthétique recherchées et follement inspirées. Le cinéma, c'est aussi prendre du plaisir avec les yeux. Alors quand Tom Ford, designer haute couture, décide de se mettre à la réalisation, Maria Julia, elle est toute contente ;-)

Et j'en ai eu plein les mirettes. Belle découverte que de voir pour une fois, non pas la nature ou la lumière sublimée, mais bien la vie urbaine. Les plans sont léchés, ça c'est certain et s'il en ressort une certaine monotonie sophistiquée, c'est pour mieux se mettre au diapason du personnage interprété par C. Firth. On retiendra ces gros plans magnifiques, ces couleurs ternes soudain ravivées selon les émotions ou les souvenirs de George et cette capacité à magnifier les yeux et les lèvres des personnages faisant de A Single Man un hymne de sensualité auto-suggérée.

Et pourtant le film dégage une sensation de simplicité folle dans le sens où Tom Ford semble avoir laissé C. Firth totalement libre. Les plans fixes durent, le silence s'installe et puis soudain, c'est l'émotion qui se dégage au fur et à mesure qu'elle se libère des traits de l'acteur. Performance époustouflante de C. Firth qui incarne à lui tout seul le mal-être intense et suffocant de la vie sans l'Autre.

En bonus: a) la divine Julianne Moore - l'esprit des sixties à elle toute seule, b) une musique envoûtante et élégante, à l'instar de l'ensemble du film.

Une belle leçon de cinéma !