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Fiche technique:

Réalisateur: David Fincher
Acteurs: Jesse Eisenberg, Andrew Garfield, Justin Timberlake, Armie Hammer
Musique: Trent Reznor & Atticus Ross (j'ai envie de rire, pas vous?)
Genre: Biopic
Sortie: 2010

Adaptation du roman The Accidental Billionaires: The Founding Of Facebook, A Tale of Sex, Money, Genius, and Betrayal de Ben Mezrich (2009)

Synopsis:

Alors que Mark Zuckerberg, brillant étudiant en informatique, vient de se faire larguer par sa copine du moment, il décide de pirater les bases de données de plusieurs universités. Son coup de tête l'amènera peu à peu à la création de Facebook.

Mon avis:

Ok, c'est officiel et totalement inattendu mais j'aime ce film (presque) d'amour! Quelle bombe!

D'entrée de jeu, Fincher nous livre une première scène brillante et révélatrice de l'essence même de Mark Zuckerberg: ses paroles en rafale,  son énergie incontrôlée et surtout, son incapacité complète à entendre et comprendre la personne qui se trouve en face de lui. Ce personnage intrigue, choque voire laisse complètement perplexe. Mais ça y est, l'immersion ciné a opéré. S'en suit la scène de hacking sur fond de vengeance sur la blogo et de délires alcooliques - une pure tuerie (désolée, je m'emballe mais j'étais dans le même état pendant cette scène) même si je ne comprends pas une once du vocabulaire utilisé, je me dis: Ce mec est fou - trop fort!

Et le rythme endiablé ne va pas s'arrêter là. Même si le film reste profondément terre à terre et ne relève jamais du thriller pur, la dynamique mise en place par Fincher ne nous laisse pas un seul moment de répit. La tension est toujours là. Grâce au génie du réalisateur (on se rappelle au hasard les captivants The Game ou Panic Room) qui a l'art de nous livrer des plans visuellement très efficaces, savant dosage entre fixité purement cérébrale (le dernier plan) et fluidité incontrôlée (scène de la rencontre avec Sean Parker au restaurant - on sent la science clipesque du réalisateur) ...

... mais l'étincelle tient également à l'interprétation absolument sans faille du trio d'acteurs de tête: Jesse Eisenberg, Justin Timberlake & Andrew Garfield - LES révélations de ce Social Network. Trois hommes totalement différents qui dressent le portrait des nouveaux dirigeants de notre société - des hommes, j'ai dit, des gamins plutôt (!) Et on ne peut pas nier que les ficelles du métier rentrent très vite pour ces trois lascars qui se retournent les uns contre les autres avec plus ou moins de sournoiserie et de préméditation. Chapeau aux acteurs, encore une fois! Performance bluffante de J. Eisenberg qui campe un jeune homme complexe, perclus d'ambition, luttant contre ses tendances asociales, et pourtant, tellement humain. Et J. Timberlake: Waw, la claque! Ce mec est méga doué! (Je vais tenté de dénicher Alpha Dog, d'ailleurs)

Réflexions sur l'amitié, sur la trahison, le tout contrôlé par les lois du business et de l'ambition - tout cela dote The Social Network d'un fond complexe et pertinent. Une belle surprise! Rajoutons à cela un brin de tristesse et de mélancolie sur la fin - Zuckerberg en face du "mur" de son ex-copine, réactualisant la page à l'infini pour savoir si leur amitié virtuelle aboutira ou s'il se retrouvera finalement seul avec ses lignes de codes.

EDIT: les monologues et autres réflexions de Zuckerberg - un régal. Un exemple :

Gage: Do you thing I deserve your full attention?
Zuckerberg : I think if your clients want to sit on my shoulders and call themselves tall, they have the right to give it a try - but there's no requirement that I enjoy sitting here listening to people lie. You have part of my attention - you have the minimum amount. The rest of my attention is back at the offices of Facebook, where my colleagues and I are doing things that no one in this room, including and especially your clients, are intellectually or creatively capable of doing. Did I adequately answer your condescending question? (source)

En bonus, deux chansons : Baby, you're a rich man des Beatles en générique de fin et Sound of Violence de Dennis de Laat lors de la scène dans le club - quand je l'ai reconnue, j'ai juste trouvé qu'elle était parfaite pour cette scène (elle passe d'ailleurs en boucle pendant la rédaction de la critique =D).

Bref, le nouveau petit chef d'œuvre de David Fincher - à voir absolument pour sa qualité d'interprétation et la profondeur du propos sous-jacent à l'incroyable aventure de la création de Facebook. Foncez! Moi j'ai été emballée.