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Fiche technique:

Réalisateur: Mike Figgis
Acteurs: Denis Quaid, Sharon Stone, Stephen Dorff, Kristen Stewart, Christopher Plummer
Musique: Mike Figgis
Genre: Thriller (idée de base appliquée)
Date de sortie: 2003

Synopsis:

La famille Tilson emménage dans un Manoir à Cold Creek, et engagent le fils de l'ancien propriétaire des lieux, Dale Massie, un homme à tout faire. Mais très vite, une série d'évènements étranges se produit dans le domaine.

Mon avis:

Et une bouse de plus, une ! Allez, Denis Quaid, Sharon Stone, Christopher Plummer & même la toute jeune Kristen Stewart ça s’annonçait pas si mal que ça. Ça promettait même un film divertissant. Non ? Non ! Apparemment c’est trop demander que de vouloir un peu de suspense dans un film qui en a besoin – oui ça s’appelle un thriller mais ‘chut’ c’est un secret, le réalisateur n’est pas au courant.

Voilà donc les new-yorkais et leurs deux enfants, race urbaine en quête d’air vivifiant comme chacun sait, qui débarquent en plein ploucland, habité par une population austère et méfiante (comme chacun sait bis) et décident joyeusement de retaper une baraque complètement déglinguée, la restauration d’un taudis faisant évidemment partie du plan des citadins branchés en quête de nouvelles sensations. Quel sens de l’aventure…

Mais voilà, ô désappointement, l’héritier (appelons-le Rufus, j’ai oublié son doux prénom) de ladite baraque croulante qui, par ailleurs, est trop fauché pour pouvoir la retaper, ne voit pas les projets des Ingalls d’un bon œil. C’est ma maison, vous aurez pas ma maison, elle est à moi, la mienne, etc… Comme ça ne marche pas – ben oui, les Ingalls l’ont payé vous comprenez – il va changer d’attitude et, ô subtilité, devenir gentil (je me suis un peu emporté mais c’est oublié maintenant !) et s’intégrer au groupe d’ouvriers qui restaure la maison peuplant les rêves de chacun (on se demande pourquoi, elle est immonde…). Hum… moi je trouve ça suspect ce retournement de situation, heureusement, Denis Quaid aussi. Sans compter que Rufus fait les yeux doux à Sharon et l’apitoie à coup de couplets d’homme divorcé et brisé par la séparation avec ces deux chérubins. Snif, je pleure, Sharon aussi, bref, l’eau de la piscine (dans laquelle Sharon barbote justement) menace de déborder.

Après moult événements aussi intéressants que tout ce qui a précédé, les pauvres new-yorkais sont en train de profiter d’une matinée tranquille lorsque, patatra, quatre serpents (un pour chaque membre de la famille, très pratique) se sentent tout d’un coup en appétit et décident de croquer du citadin (oui en plus, ils sont dotés d’un GPS et trouvent tout le monde dans la pièce appropriée, c’est folie). Mais qui a bien pu mettre ces serpents dans la maison? Hum... c'est tellement mystérieux! Arrive alors la scène la plus hilarante du film où chacun se met à crier comme un cochon sur le point d’être égorgé – forçant par la même le spectateur à baisser le son de sa télé – jusqu’à se retrouver tous coincés sur le toit (oui, un serpent ‘gardait’ l’escalier) en hurlant à pleins poumons pour avoir de l’aide. Heureuse coïncidence, Rufus arrive et les sauve in extremis. On se demande ce qu’il vient faire là (pas les new-yorkais apparemment)… Là-dessus, Dennis il est quand même pas content du tout alors, hop ! il vire Rufus ! Le spectateur moyen pensera : mais pourquoi est-il si méchant ? Rufus n’a rien fait… tous les autres bailleront d’ennui et compteront les minutes avant la ‘révélation’ qui viendra au secours du spectateur moyen.

La révélation est incarnée par Christopher Plummer (mon Dieu, qu’est-il venu faire dans cette galère ?!), père de Rufus, asocial complètement barge et, – enfin c’est ce que le réalisateur veut nous faire comprendre – visiblement responsable d’une éducation qui a eu l’effet de rendre son fils taré lui aussi… et puis à force de se faire traiter de nullard, de pov’ débile et autres surnoms affectueux, Rufus il veut récupérer la maison familiale pour montrer qu’il est un peu débrouillard et gagner la fierté de son papounet. Hélas ce dernier ne s’arrête pas là et lance l’attaque suprême à la virilité de Rufus tu n’es même pas un homme ! Ça stresse un peu Rufus qui vlan ! tue C. Plummer (déjà à l’agonie dans un lit d’hôpital) tout en versant quelques larmes – véridique ! Bref… le spectateur moyen comprend maintenant et peut sereinement continuer à manger son popcorn.

Là-dessus, d’autres événements destinés à permettre au film de faire 1h30 se déroulent. Bagarre entre Rufus et Denis, cheval des new-yorkais tué et flottant dans la piscine, etc… tout est très bizarre et Denis décide de faire quelques recherches archéologiques dans les bois environnants (tiens donc…). Je vous passe les détails et autres coïncidences fortuites… Et là, c’est la découverte – OMG – Rufus ne s’est pas fait plaquer par sa femme, il l’a tuée ainsi que ses deux filles. Le spectateur moyen s’étrangle de stupeur avec son popcorn, tous les autres cherchent vaguement à savoir pourquoi Rufus a commis un acte aussi horribleuh, mais ils ne le sauront jamais (réduction du salaire du scénariste qui a décidé de se venger bassement).

S’en suit les recherches de la fameuse gorge du diable (oui moi aussi je commençais à me demander quand le titre débarquerait dans cette sombre histoire) où se trouvent les corps et donc la preuve que Rufus est un méchant de chez méchant. Denis et Sharon décident de chercher à deux, en pleine nuit et sous la pluie (c’est tellement gai d’utiliser une lampe torche & de jouer aux aventuriers sans l’aide des flics) ; ils trouvent la gorge, les corps & Denis va vite avertir par talkie walkie la flic de service (la seule sympa dans ce bled de dégénérés) qu’il est le héros de l’histoire, qu’il est trop fort, etc… mais entretemps que se passe-t-il ? Une ombre rôde et tourne autour de Sharon qui ne voit rien (rappel : nuit noire & pluie) et qui se tient tout près du trou… que va-t-il se passer, tout le monde frémit… et oui, Sharon se fait pousser dans le trou ! Non ?! on se demande d’ailleurs pourquoi parce que, deux secondes plus tard, Denis la sort de là et en gros, c’est tout… ah non, j’oubliais l’apothéose, le grand final où les héros new-yorkais tuent le super méchant comme des pros, sur le toit de la fameuse maison qui, décidément, en voit passer du monde ces derniers temps.

Remarque : je n’avais jamais remarqué combien S. Stone pouvait être nulle – non, vraiment je ne pensais pas qu’il était possible de jouer aussi incroyablement mal !

Bref, ce film est une bouse comme je les aime : une occasion de spoiler les cinéphiles et de les conjurer – s’il n’est pas déjà trop tard – d’éviter à tout prix La gorge du diable !