robinhoodFiche technique :

Réalisateur: Ridley Scott

Acteur: Russel Crowe, Cate Blanchett, William Hurt, Mark Strong

Musique: Marc Streitenfeld

Genre: Aventure

Date de sortie: 12 mai 2010

 

Synopsis :

A la fin du XXIIe siècle, le Roi Richard Cœur de Lion revient d'une croisade de 10 ans pour défendre le Royaume d'Angleterre contre les Français. Son épopée l'a ruiné et déshonoré, et il est contraint de piller les châteaux français.  Il est tué par une flèche lors de l'assaut à Châlus-Chabrol. Parmi son armée se trouve un archer, Robin Longstride qui, usurpant le nom de Sir Robert Loxley de Nottingham (ami du roi), sera chargé de rapporter la couronne de Richard en Angleterre.

Dès lors commence le règne de Jean d'Angleterre, roi plus éclairé par l'or et l'argent qu'il amasse à la force du poignet de ses soldats que par la sagesse.

Sur la route de Nottingham, Robin découvre un pays miséreux, laissé exsangue par les croisades et les guerres et profondément inégalitaire. Se faisant passer pour le fils Loxley, il décide alors de rétablir un semblant de vie et d'espoir à cette bourgade. C'est sans compter qu'il se trouve au cœur d'une intrigue politique qui le dépasse...

 

La critique de Le Umas :

Robin des bois version 2010, ce n'est pas encore Robin des bois mais plutôt comment la légende urbaine est née. Le film s'intéresse ici aux idéaux d'un homme qui passe de valeureux archer de Sa Majesté à ardent défenseur des opprimés qu'il entend protéger des politiques injustes et cupides du roi Jean.

Le mythe largement revisité par Brian Helgeland (scénariste) est loin des versions romantiques et idéalistes mais fait plutôt dans le rugueux, la sueur et la violence. Ainsi, Robin Longstride est-il un combattant hors-pair se déplaçant plus à cheval avec une épée que dans les arbres avec un arc; Lady Marianne n'est pas une jeune demoiselle en détresse en haut de sa tour mais la veuve de Robert Loxley dont la tristesse n'a d'égale que son implication dans la vie communautaire et Petit Jean semble être un sobriquet ironique donné à celui dont la tête émerge de la mer de chevelures environnantes tel un périscope en pleine mer.

Autant le dire tout de suite, le film fut pour moi est une demi-déception. Non pas qu'il soit mauvais (loin de là), mais plutôt qu'il m'a laissé un goût de trop peu. En effet, son gros défaut est d'avoir vu trop grand. Le nombre d'intrigues parallèles est important ce qui fait qu'aucune n'est réellement exploitée à fond. On passe du contexte historique (complot français, rébellion des Lords, etc), au côté politique (Jean en quête de légitimité vs peuple en quête de liberté), au voyage de Robin vers ses origines et au développement du personnage et de sa relation avec Marianne, pour revenir à l'histoire et la politique. Cela donne un côté un peu brouillon à l'ensemble et un goût d'inachevé.

A côté de cela, le film possède d'indéniables qualités à commencer par ses acteurs impeccables. Russel Crowe est dur à souhait, Cate Blanchett est simplement bluffante, Oscar Isaac est parfait en Roi Jean manipulateur, sans expérience et n'écoutant que sa cupidité tout comme Mark Strong qui possède un charisme indéniable comme méchant. L'engagement des acteurs se ressent grandement dans les relations entre personnages qui sont complexes et évolutives.

Autres qualités et non des moindres, les scènes d'actions sont excellentes et la photographie est aussi impressionnante. La scène du débarquement français est sublime, tout comme la bataille qui suit. Le suspense est également au rendez-vous tout au long d'un film qui ne s'essouffle guère malgré ses 2h20.

Les thèmes abordés sont nombreux mais le scénario réussit brillamment à mettre en évidence les grands enjeux contemporains que sont les rapports d'un roi avec son peuple, les effets d'une guerre sur un pays et la quête perpétuelle de liberté et d'identité des petite-gens dans un monde qui ne reconnaît que les puissants. Ce dernier thème est évoqué à travers la citation « Rise And Rise Again, Until Lambs Become Lions », soit littéralement « Bats-toi encore et encore jusqu'à ce que les agneaux deviennent les lions ».

Enfin, la musique est aussi excellente, oscillant entre les thèmes folks médiévaux et les envolées puissantes lors des batailles.

Le film se termine sur un énième retournement de situation qui consacre Robin comme gardien de la liberté, de l'égalité et de l'espoir du petit peuple, comme une véritable légende en devenir. D'ailleurs, la dernière phrase, laisse supposer qu'une suite viendra enrichir le bestiaire du cinéma d'aventure.

En conclusion, Robin des Bois est un très bon divertissement qui souffre cependant d'un manque de cohérence due au nombre élevé d'intrigues parallèles dont les liens sont peu explicites. Finalement, on arrive à se demander si Robin Longstride est réellement le héros principal ou juste une personne normale dont le destin est scellé par ses idéaux et des événements extérieurs. Et peut-être est-ce dans cette remarque que réside le but profond du film...

Bonus: le générique de fin en « peinture animée » est superbe et magnifié par la musique.