Le_Vieux_Fusil

Fiche technique:

Réalisateur: Robert Enrico
Acteurs: Jean Noiret, Romy Schneider, Jean Bouise
Musique: François de Roubaix
Genre: Drame
Date de sortie: 1975

Synopsis:

En 1944, Julien Dandieu, chirurgien pacifiste convaincu, mène une vie bourgeoise et heureuse, avec sa femme Clara et sa fille Florence. Afin de les mettre à l'abri jusqu'à la fin de la guerre, il exige qu'elles partent se réfugier dans son château familial en pleine campagne. Il les croit alors plus en sécurité, jusqu'au jour où une section allemande stationnée traverse le village et massacre sauvagement tous les habitants, dont la famille de Julien. Ivre de douleur et de haine, Julien va se venger froidement et méthodiquement en devenant impitoyable machine à tuer.

Mon avis:

On sait directement lorsqu'on regarde un classique. Pourquoi? Parce qu'on reconnait directement la trame qui a été usée jusqu'à la corde depuis, tout comme certains procédés de réalisation. Sauf que, dans le cas du classique, ça marche. C'est con, hein? Et pourtant, c'est véridique!

Cette histoire de vengeance personnelle est marquante, bouleversante. Je ne m'attendais pas à ressentir dès les premières scènes autant d'empathie pour cette famille et néanmoins, directement, on les aime ces personnages. J'étais assez sceptique quant au couple Noiret-Schneider, mais ils sont tous les deux incroyables. Dès lors, la découverte de leur drame est insoutenable. L'entrée dans l'église du village et la scène de la mort de Clara sont extrêmement dures et tout le film contient une dose d'hémoglobine bien sentie - dérangeante, sans concession. Le spectateur se retrouve face à l'une des plus fortes démonstrations de l'horreur nazi du cinéma et c'est une sacrée claque!

L'alternance entre réalité et souvenirs du bonheur passé (incroyable d'intimité et de sincérité) souligne avec emphase le choc que vient de recevoir Julien et qui le pousse à devenir un assassin méthodique et d'un sang-froid incroyable. Le médecin fait mouche à chaque fois mais la question de sa crédibilité ne se pose même pas. Son émotion est palpable et toute cette tension rejaillit dans son dernier gros plan - frappant - nous dévoilant un homme définitivement brisé et faisant le "choix" (contraint) de sombrer dans le passé.

Bonus: les notes reconnaissables entre toutes de François de Roubaix. (aaah, Les Aventuriers!) Cette bande son est plutôt économe mais intervient toujours au bon moment. Ça m'a fait réaliser qu'aujourd'hui, la musique est majoritairement présente tout au long du film, ne laissant presque jamais l'occasion à l'acteur de susciter de lui même un ressenti pur. Je suis peut-être un peu radicale, mais j'ai déjà tenté l'expérience en coupant le son pour certains films, (oui, je suis bizarre...) et c'est la catastrophe... Heureusement que c'est loin d'être une généralité.

Une émotion tangible, un tour de force, un classique.