crash

Fiche technique:

Réalisateur: Paul Haggis
Acteurs: Don Cheadle, Matt Dillon, Sandra Bullock, Terrence Howard, Thandie Newton, Ryan Phillippe
Musique: Mark Isham
Genre: Drame
Date de sortie: Octobre 2005

Synopsis:

Les fêtes de fin d'année se préparent à Los Angeles. Un vol de voiture, un accident de la route, et des individus de couches sociales et ethniques différentes qui vont être amenés à se croiser. Une peinture réaliste sur la composition de l'Amérique d'aujourd’hui, et de son communautarisme exacerbé, où la différence, qu'elle soit sociale ou raciale, est omniprésente dans les rapports humains.

Mon avis:

"It's the sense of touch. In any real city, you walk, you know? You brush past people, people bump into you. In L.A., nobody touches you. We're always behind this metal and glass. I think we miss that touch so much, that we crash into each other, just so we can feel something."


C'est sur ces paroles jaillissant de la diffusion trouble des lumières de L.A. que commence Crash et quelle superbe façon de débuter ! J'aime de plus en plus la musique de Mark Isham que j'ai découvert dans la bande originale de Nell et de Life as a House et qui dote le film d'une belle atmosphère grâce à une orchestration nuancée.

Dans Crash, aucun héros: les protagonistes font tour à tour face à l'intolérance ou l'indifférence de leurs semblables - tous aveugles à leur manière, englués dans leurs certitudes. On ne peut que reconnaitre l'implication des acteurs: Terrence Howard qui m'impressionne de film en film, de même pour Don Cheadle. Pour sa part, Matt Dillon trouve un de ses plus grands rôles, tout comme Sandra Bullock qui esquisse un potentiel dramatique certain.

La progression est très subtile et on peut ressentir la tension monter, insidieusement et irréversiblement. Mais contrairement à d'autres films, l'apogée de certaines scènes - tout en gardant un impact fort - n'agresse pas le spectateur. Il s'agit plus de nous mettre face à un constat qu'à une réelle leçon de morale. C'est du moins ce que j'ai ressenti. Le spectateur se retrouve par la même occasion face à ses propres convictions car les scènes sont pourvues d'un pouvoir d'interpellation assez exceptionnel.

Petit bonus: j'ai trouvé ce film très beau: jolis ralentis et plans soignés - Haggis sait ce qu'il veut et il nous le montre à travers une réalisation esthétiquement sobre mais jamais ennuyante.

Un film à voir absolument!