ToutestsouscontroleHugh Laurie, Tout est sous contrôle, Paris, Sonatine Editions, 2009.

 

4e de couverture :

 

On peut avoir un caractère de chien, un sens de la répartie assassin, mais rester, même malgré soi, un mec bien. Hugh Laurie, formidable interprète du Dr. House, a largement su le prouver sur le petit écran, il récidive avec ce thriller palpitant dont le héros, Thomas Lang est un ancien militaire d’élite qui, hormis sa Kawasaki RRZ 1100, n’a pas grand-chose à perdre. Aussi, lorsqu’on lui propose 100 000 dollars pour tuer Mr. Woolf, un riche homme d’affaire londonien, Thomas ne se contente pas de refuser poliment, mais pousse l’indécence jusqu’à essayer de prévenir la future victime du complot qui se trame contre lui. Une bonne intention ? L’enfer en est pavé.

 

Mon avis :

 

A première vue, on se dit : « C’est du House tout craché, il s’est pas foulé le mec ! » Mais au fait, on (=moi) a tout faux. Et oui, Hugh Laurie a écrit (et donc déposé) le livre en 1996 et aux dernières nouvelles, le Dr House était encore en train de stagner dans l’encre du stylo des scénaristes.

Alors, on recommence le premier chapitre et on se décide à savourer le bouquin en adoptant un regard légèrement plus neutre. Et ma foi, mais c’est que c’est génial ! Moi qui d’habitude m’endors carrément lorsqu’on me met les mots hélicoptère, attentat et Glock dans la même phrase, j’ai été plutôt épatée. Bon, l’histoire ne m’a pas spécialement transportée au paradis du lecteur mais le suspense prend aux tripes et le style – l’atout principal – est décapant. Maintenant, il est vrai qu’un lecteur n’est pas l’autre. Soit on adore, soit on déteste. A vous de voir si le style anglais empreint d’humour noir, d’autodépréciation et de cynisme vous plait… pour ma part, c’est justement ma tasse de thé (Darjeeling, please ! Ok, blague facile).

 

A découvrir si vous ne l’avez pas déjà fait !

 

Petit moins : préparez vous à écouter Thomas Lang tergiverser à propos d’une réponse non reçue à une question non posée ou encore assumer totalement son humour lourd pour ensuite le voir tomber à plat avec étonnement. Au bout de 400 pages, ça peut lasser.

 

Note de l’éditeur : « Tout le mauvais esprit du génial interprète de Dr. House au service d’un thriller palpitant. » Remarque : n’aurait-on pas tendance à mélanger sans vergogne le mauvais esprit du Dr. House avec celui de son interprète ? A moins qu’ils n’aient fusionné accidentellement en cours de tournage ?

 

Une mise en bouche (plusieurs au fait) :

 

-Vous avez une femme de ménage ?

-Ouais, je sais, ai-je admis. Il ne faut pas lui en vouloir, elle n’est plus très jeune. Elle fait de l’arthrite et ne nettoie jamais rien en dessous de ses genoux ou au-dessus de ses épaules. J’essaye de laisser mes saletés à hauteur de sa taille, mais parfois…

 

« A la vérité, je ne sais pas s’ils m’ont tiré dessus. Avec le bruit épouvantable de la bombe antiviol de Ronnie, je n’étais pas en état de vérifier ce genre de détail. Au moins, ils ne m’ont pas violé. »

 

« Non, non, elle m’embrassait bel et bien. Exactement comme dans les films (mais jamais dans la vie, en ce qui me concerne). Pendant une seconde ou deux, j’étais trop surpris, et rouillé également, pour pouvoir réagir, puisqu’il y avait longtemps qu’une chose pareille ne m’était pas arrivée. Si je me souviens d’ailleurs, j’étais à cette époque-là cueilleur d’olives sous Ramsès III, et je ne sais plus comment je faisais. »

 

« J’ai bloqué mon autre coude sur son épaule, ma main droite sur sa nuque, et j’ai calé la gauche dans le creux du coude : on se rapportera à l’illustration (c) du chapitre Comment leur briser les vertèbres : le b.a.- ba.

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